MECHTILD MISSIA : Son engagement pour les femmes

Contrôle d’identité, s’il vous plaît ?
Je suis Mechtild Missia Imbissa, Congolaise de Kinshasa. J’ai 29 ans, je suis une infirmière diplômée, entrepreneure sociale et étudiante en faculté des sciences de la société à UNIGENEVE. À ce titre, je dirige depuis 4 ans la fondation Femme Moderne où nous essayons d’apporter notre modeste contribution à une meilleure participation de la femme congolaise au développement. Depuis 2020, portée à la tête de la vice-présidence en charge de l’égalité et de la jeunesse d’un nouveau parti politique en RDC dénommé « NKITA ». Dans cette optique, je milite activement pour le respect des droits des femmes et des jeunes.

Quel est votre parcours ?
Mon parcours parait récent mais de nombreux évènements ont nourri en moi la grandeur de ma vocation sociale, animée d’une détermination de travailler pour la cause de la femme, de la jeunesse et l’ensemble de la société. Tout a commencé en 2011. Après un premier cycle d’études de santé professionnelle, je me suis orientée vers le métier d’infirmière soignant des personnes de tous âges à l’université de Zürich. Après 7 années fortes d’expériences, je me suis lancée dans l’entrepreunariat social. C’est en 2017 que la fondation Femme Moderne voit le jour. Une fondation qui est destinée aux femmes, par les femmes, pour les femmes et qui parle de tout ce contexte environnemental. Quelle est, finalement, la position de la femme au Congo Kinshasa ? Un large programme…
C’est en 2018-2019 que la fondation Femme Moderne est deux fois couronnée par les prix lauréat du Crans Montana Forum.
Actuellement, je suis vice-présidente du parti politique Nkita RDC.

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Votre parti politique s’appelle NKITA. Revenons sur la genèse de cette organisation.
Oui, NKITA c’est dans ma langue maternelle le lingala ou kikongo et signifie « Richesse, Héritage ou Patrimoine ». C’est un jeune parti politique de gauche (socio-démocrate). L’objectif est d’éradiquer la pauvreté pour conjurer la contradiction : « Pays immensément riche, peuple extrêmement pauvre ». Notre idéologie est de faire de la politique avec éthique pour respecter nos peuples et de promouvoir l’égalité. Une vision qui tient à faire bénéficier tout citoyen congolais des richesses du sol et du sous-sol de la République, d’où notre slogan : « Pays riche, peuple riche ».

Cela découle de quel diagnostic de votre part quant à la place des femmes dans la société, notamment congolaise ?
L’analyse des relations de genre en Afrique rend généralement compte d’une infériorité de la femme vis-à-vis de l’homme.
Au parlement, par exemple, on observe que le pourcentage le plus élevé de femmes aux fonctions est de 10%, soit 50 femmes sur 500 députés de l’Assemblée nationale, en 2019.
Quant au Sénat, on y a observé le pourcentage le plus élevé en 2020. Il était de 22%, soit 24 femmes sur 109 Sénateurs.
Le développement d’un pays ne peut être pensé sans tenir compte des femmes. Et, en République démocratique du Congo, les femmes constituent plus de la moitié de la population. Partant de ce constat, ma préoccupation en tant que femme et Congolaise, est de faire la lumière sur la place des femmes dans notre pays en donnant la parole et la possibilité à celles qui se battent pour leur épanouissement pour accéder à l’autonomie. Et promouvoir une plus grande participation des femmes à la vie politique.

Quelles actions comptez-vous mener pour participer à l’émancipation de la femme africaine ?
Promouvoir des changements institutionnels pouvant accélérer la parité dans les lieux de pouvoir.
Soutenir les femmes qui désirent s’engager dans les structures démocratiques décisionnelles, principalement en politique, en offrant des formations d’accompagnement.
Sensibiliser à l’implication citoyenne les jeunes, les femmes, les hommes et les personnes nouvellement arrivées.

Si nous donnons aux filles l’opportunité d’être les femmes qu’elles aspirent à être, nous pouvons créer un cercle vertueux qui change la face du monde.

Édition spéciale Boss Ladies. Si vous aviez un message à adresser à nos lectrices féminines ?
Tout d’abord, il nous appartient à toutes et tous de nous assurer que chaque jeune fille ait accès à une éducation de qualité. Nous devons également donner la chance aux filles de trouver leurs propres voix. On dit souvent aux femmes qu’elles devraient s’insurger, se faire entendre, se battre toutes seules contre les inégalités auxquelles elles sont confrontées. Mais si on ne leur laisse pas la possibilité de s’entraîner et de découvrir leurs propres voix, comment pourront-elles un jour élever le ton ? Il faut de l’entraînement pour que sa voix porte dans le monde.
En même temps, nous devons inclure les garçons et les hommes dans cet effort. Tant de choses pourraient changer en une génération si l’on apprenait à nos garçons à écouter les filles, à les voir comme leur égale. Car, la vérité, c’est que les femmes sont tout aussi capables que les hommes de diriger. Et si nous donnons aux filles l’opportunité d’être les femmes qu’elles aspirent à être, nous pouvons créer un cercle vertueux qui change la face du monde.

Vous êtes originaire de la RDC. Quel est votre lien avec le pays et que représente-t-il dans la femme que vous êtes et aspirez à devenir ?
J’ai et je garderai toujours un lien d’attachement renforcé de patriotisme et nationalisme pour ce grand Congo Kinshasa qui est mon pays. Et ce Congo Kinshasa de cœur, de pensées et d’actions est une vraie terre d’avenir pour l’Afrique entière.
Cette mosaïque de tribus, ethnies et langues est une source d’inspirations inépuisables et reconnues dans l’histoire de l’Afrique et de l’humanité. Le Congo restera « NKITA na biso », ce qui signifie : « Notre patrimoine ou bien commun à protéger » en lingala, une des langues nationales.
Ce NKITA est ma vraie racine inépuisable, un vrai don béni, comme chanté fièrement dans l’hymne national du Congo.
Par sa nature de grandeur, je suis habitée d’une ambition de porter grand et loin sa flamme de développement et de prospérité qui sera assurée par la participation de chacun et surtout l’engagement de la femme, actrice potentielle qui a su démontrer son rôle déterminant en assurant la survie des familles et l’autonomie des structures sociales face à la fragilité des politiques économiques adoptées et appliquées par l’état Congolais depuis plus de quatre décennies. Un grand Congo est possible avec des jeunes et vieilles femmes, animées par une grande conscience nationale, profondément nourrie, pour lancer le réveil de sa prospérité au profit des générations actuelles et futures.

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Comment faire pour vous contacter ou s’engager à vos côtés ?
La réussite de ma lutte comme jeune femme m’oblige à rester ouverte aux contacts des différentes couches sociales pour maintenir notre dynamique d’interaction pour un avenir de la femme Congolaise et Africaine.
Je suis en navette entre Zürich en Suisse et Kinshasa, la capitale de la RDC.
Ainsi, je reste très ouverte à toutes sollicitations et autres échanges fructueux ralliant notre noble lutte qui porte déjà des résultats mais beaucoup de perspectives restent à atteindre. Par nos différents points d’accès électroniques sur les réseaux sociaux et autres plateformes :
Email: femmemodernerdc@gmail.com
Site : www.mechtildmissia.com
Facebook : Mechtild Missia
Page FB : Mechtild Missia
Twitter : Mechtild Missia
Tel. : +41775034222

Si je vous dis le mot « Roots », cela vous évoque quoi ?
Roots, ce mot m’inspire mon Dieu, l’être suprême et source de toute vie, existence, force et inspiration. Évoquer la racine comme source, c’est aussi appréhender la valeur de mon existence sur terre par mes ascendants, depuis des générations, et mes parents africains dans mon Congo Kinshasa.

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