ANIABA D’ASSINIE : Un prince noir à la cour de Louis XIV

Fils de la princesse Ba et d’un chef, le prince ivoirien Aniaba commença à évoluer dans les hautes sphères peu après sa naissance, lors de son adoption par le frère du roi d’Assinie et sa femme qui n’avait pas d’enfant.

Mais en 1687, le jeune adolescent d’environ 15 ans est amené en France par le chevalier d’Amon à Louis XIV en gage de fidélité de la part du roi Zéna.

À ses débuts dans la capitale française aux côtés de son cousin Banga, il se fait très discret, mais dès qu’il se fut converti au christianisme, tous les regards se tournèrent alors vers lui.

Peu avant sa présentation au roi de France, il se fait baptiser par Bossuet et prend alors le prénom de son parrain : Louis. Il devient officiellement Louis-Jean Aniaba. Le roi accepte alors la demande du jeune homme de se faire instruire religieusement, et c’est Bossuet lui-même qui le fera passer par toutes les étapes du catéchuménat.

L’acceptation à la Cour ne s’arrête pas là, car le roi décide dans la foulée de nommer Aniaba officier dans son propre régiment royal.

Il devient alors capitaine d’une garnison en Picardie et mène le train de vie d’un gentilhomme avec dans sa poche une belle pension de 12000 livres (à peu près 195000€ donnés par le roi en personne).

En 1700, le roi Zéna décède. Aniaba décide alors de retourner sur ses terres afin de pouvoir y régner à son tour, mais avant cela, Bossuet ainsi que le roi se doivent de lui donner leur aval.

C’est dans un courrier des plus soignés que le jeune homme fit sa demande de rapatriement expliquant que son peuple avait alors besoin de lui, et la réponse teintée d’ironie de Louis XIV resta dans les mémoires tandis qu’il acceptait la requête de son filleul :

Avant son retour chez lui aux côtés du chevalier d’Amon, Aniaba réalise alors qu’un véritable roi digne de ce statut doit évoluer dans la grandeur, et c’est alors qu’il met lui aussi en place un système de chevalerie qui, avec l’approbation de Madame de Maintenon,

Louis XIV et Bossuet, se nommera “l’Ordre de l’Étoile de Notre-Dame”; et le 12 février 1701, il reçoit les insignes de son ordre à la chapelle Vierge de la cathédrale de Notre-Dame.

Contre toute attente, le retour d’Aniaba ne se déroula pas comme attendu, car durant la traversée, ses rapports devinrent houleux avec le chevalier d’Amon et le père Loyer.

Dans les récits, il apparut que les deux hommes finirent par apprendre qu’Aniaba n’était pas de naissance royale, ni même originaire d’Assinie. Sa déchéance n’est que plus triste car l’homme était tout de même né d’une famille princière, mais Eotilé et non pas Assinie.

Dans son propre pays, Aniaba se retrouve seul, abandonné par ses protecteurs français pourtant puissants, et hautement contesté par les siens dont le roi Cassiny, nouveau souverain d’Assinie.

Aniaba se retrouve alors obligé d’émigrer à l’Est pour essayer de se faire une place au sein d’une chefferie à la limite du Togo et du Ghana. Il y meurt 3 ans plus tard, ne laissant rien derrière lui qu’une vie qui a atteint des sommets avant de cruellement redescendre.

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