F. MULUMBA KABALA : La vision BLACK FAHRENHEIT

Contrôle d’identité, s’il vous plaît ?
Freddy Mulumba Kabala. Je suis né à Kinshasa en RDC. Je suis fier d’avoir vu le jour dans ce beau et grand pays que je chérie viscéralement. Mon parcours et celui de ma famille m’ont conduit en France où je vis aujourd’hui. J’ai fait mes classes dans la communication et le journalisme, peu après des études de langues aux USA, en poursuivant parallèlement mon rêve de devenir basketteur. Avec mes associés Jean Ishaku et Abdou Subra, nous avons monté, il y a 6 ans maintenant, Black Fahrenheit une agence d’afro-communication avec pour coeur de cible l’Afrique et sa diaspora.

Quel est l’ADN de Black Fahrenheit ?
En plus de la communication dite classique, l’évènementiel avec un “E” majuscule. Nous ne le répéterons jamais assez mais c’est un metier qui ne laisse pas de place à l’improvisation. De la mise en place au pilotage, cela doit répondre à une stratégie bien définie avec une ligne claire. À travers les différentes plateformes de networking que nous avons créées, nous voulons faire la démonstration d’un savoir-faire mais également répondre à un double objectif : Créer du lien social avec en point focal la communauté de valeurs et, bien entendu, développer du business.

Quelle est la cible ? Qui est le public Black Fahrenheit ?
La diaspora africaine, les leaders d’opinion, les influenceurs et, bien évidemment, les différents acteurs économiques qui s’intéressent à ce marché émergent. Il fallait pour cela des plateformes reconnues et pérennes. Nous les avons imaginé en essayant d’apporter quelque chose de nouveau.

Quelles sont vos différentes gammes d’évènementiels ?
Il y a eu deux phases. Celle de la promotion de notre agence et celle de la fidélisation. À nos débuts, il était important pour nous de susciter chez notre public un désir d’appropriation.
De cette reflexion est née l’Air Du Temps. Un rdv mensuel sous forme d’afterwork avec une thématique et un focus. 300 personnes, tous les mois, dans un 5 étoiles situé dans le triangle d’or parisien. Cela ne s’était jamais fait auparavant. Ce concept a marqué les esprits et surtout, il a duré 5 ans.
La deuxième phase est celle de la fidélisation, avec la création d’une carte de membre. L’idée, ici, est de prolonger l’expérience BF avec notre public, nos partenaires et de les faire intéragir tel un système de vases communicants. Plus concrètement, nous avons lancé cette année le BF Executive Network. Un rdv mensuel qui met en lumière la dynamique économique d’un pays d’Afrique. Les différents acteurs, aussi bien locaux que la diaspora du pays en question, y apportent leur contribution.

Depuis le début de l’aventure Black Fahrenheit, quel est l’évènement qui vous a le plus marqué ?
J’en vois au moins 2. Je me rappelle de l’évènement Yellow Whistle Blower, une initiative dont nous avions fait le focus lors d’un Air Du Temps. Nous avions eu la visite de Samuel Eto’o. C’était un évènement très intéressant, car nous n’avions pas reçu le footballeur, mais le philanthrope, l’homme de coeur, le digne fils de l’Afrique, qui au-delà de tout l’engouement que génère son métier de footballeur, a une vraie conscience de cette jeunesse africaine. Il était important pour nous de valoriser cette dynamique. Ensuite, il y a le Rebranding Africa Forum qui se déroule à Bruxelles. Une de nos plus grandes réalisations. Une année de travail pour 48h de frénésie. Un marathon composé d’une conférence de haut niveau, un business day et un award dinner. 500 participants venus de monde entier. Des chefs d’états et hauts dignitaires… C’est de l’adrénaline pure. Entre l’implantation, la logistique, le protocole, le direct télé… Le tout en coordonnant plus de 50 personnes. C’est toujours une fierté pour nous de dire que nous sommes aux manettes de ce très gros évènement international et ce depuis 5 ans.

Vous avez également les Ubuntu Legacy Master Class. Tout d’abord que signifie Ubuntu ? Et en quoi consistent ces master class ?
L’Ubuntu, beaucoup d’Africains le pratiquent et parfois sans s’en rendre compte. La solidarité africaine n’est pas un mythe. C’est presque un reflexe aujourd’hui de démontrer que cette solidarité n’existe pas, alors qu’en observant autour de nous, elle n’a jamais disparu. Ubuntu nous rappelle que c’est à travers l’autre que nous tirons notre essence. Une pensée aux antipodes de l’individualisme, du capitalisme à outrance, de l’egoïsme, etc. Ubuntu, c’est le désir et la volonté d’une société plus altruiste, plus humaine. Ce n’est ni naïf, ni utopiste que de vouloir cela. En créant le Ubuntu Legacy Master Class, c’est notre contribution à cette réflexion qui consisterait à se doter d’outils structurants pour la société. Faire intervenir des acteurs sensibles à cette approche, dans le partage et le retour d’expérience. À quoi ressemblerait notre quotidien si Ubuntu conditionnait nos vies ? La course effrénée du monde est-elle une fatalité ? L’Africain a des réponses à apporter à cela…

Les projets pour 2018 ?
Les projets ne manquent pas. Les BF Executive Network avec une thématique pays sont en fil rouge durant l’année (rdv mensuel). Le point culminant de cette dynamique est prévu au printemps 2018. La diaspora africaine, voire même les
diasporas d’Afrique, sont un véritable enjeu. Nous menons des reflexions autour de cette thématique qui nous tient à coeur. Je n’en dis pas plus mais soyez prêts.

Si vous aviez un message à adresser à la génération Roots Kongolaise ?
Ces mots sont ceux du Dr Saïd Sadi. Il font écho d’une certaine manière à ceux de Frantz Fanon : “Nos enfants ne nous condamneront pas si nous n’avons pas tout réussi. Ils sont en droit de nous reprocher de n’avoir pas tout essayé pour honorer notre responsabilité historique. À chaque période ses enjeux, à chaque génération sa mission.” Mon message à la génération Roots, en général, est de trouver sa mission et de la mener avec audace, détermination, sans jamais trahir son humanité.

Édition ROOTS spécial Kongo