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LOCKO : Étoile montante du afro r’n’b

Contrôle d’identité, s’il vous plaît ?
Locko, artiste camerounais d’origine Sawa, j’ai 24 ans.

Raconte-nous tes débuts dans la musique ? Était-ce pour toi une évidence ou cela t’est-il tombé dessus par hasard ?
Plus petit, je voulais être astrophysicien. Au fil des années, ma passion pour la musique a grandi et je n’ai pu faire autrement.
Je viens d’une famille très casanière. Je ne bougeais pas et on ne me laissait pas aller faire des compétitions. J’ai donc démarré sur Internet, je postais mes covers sur YouTube. Cela a suscité petit à petit l’attention et j’ai commencé à me faire des contacts qui m’ont mené en studio et de là, j’ai fait mon premier morceau Perfect girl. J’étais accompagné de Gervais Ngongang qui n’était pas encore mon manager, mais simplement un ami qui m’épaulait. Puis nous avons décidé de monter le label Big Dreamz Entertainement et on a enregistré le morceau Margo, en janvier 2015.

Comment décrirais-tu ton univers musical ?
Illimité. Je m’inspire de ce qui m’entoure, me touche et je le mets en musique, sans me donner au préalable de direction précise à suivre. Je chante en anglais, en français, tout est une question de feeling. J’ai étudié dans les sections anglophones en étant entouré de francophones, en même temps je parle le verlan, le franglais, tout cela fait partie de moi et se traduit dans mes chansons.

Te rends-tu compte du fait que tu es en train de devenir une icône auprès de la jeunesse camerounaise ?
Je suis tellement concentré sur mon travail et mes prochaines échéances, que parfois j’en oublie d’apprécier ce que nous sommes en train de réaliser. Là par exemple, je suis très heureux d’être dans les locaux de ROOTS, nous sommes en pleine tournée européenne, c’est tout simplement fantastique en aussi peu de temps.

Comment s’est passée cette première tournée européenne ?
Mon équipe et moi aurions pu choisir une meilleure période, parce que mon premier constat est le froid (rires). Blague à part, cela se passe très bien. Nous avons fait un concert à la Boule Noire, qui était sold out et l’accueil était tellement chaleureux que j’en ai oublié qu’il faisait froid. C’est la première fois que j’ai eu à enchainer autant de dates dans un laps de temps aussi restreint, avec des représentations en Allemagne, Italie et France.

Si je te donne une baguette magique et que tu peux choisir n’importe quel artiste francophone ou anglophone vivant pour un featuring …
En francophone, Maître Gims. Par rapport à son style musical et bien sûr le buzz que cela créerait car je serais le premier artiste camerounais à faire une telle collaboration.
En anglophone, j’hésite entre Wizkid et Chris Brown : Wizkid car il est celui dont l’univers musical me parle le plus et sa trajectoire est vraiment impressionnante; et Chris Brown car ceux qui me suivent depuis longtemps m’ont souvent comparé à lui. Depuis petit, il est comme un modèle et je m’en suis beaucoup inspiré. Ce serait un rêve de fan.

Nous sommes dans une ère où la musique afro connaît un gros boom. Les plus grands rappeurs français, on pense à Booba, ou chanteurs américains, Chris Brown notamment, s’y mettent. Pour toi est-ce un effet de mode ou un mouvement durable ?
Dans la musique, ce qui était à la mode hier revient aujourd’hui. Dans le cas de la musique afro, je pense que c’est la première fois que cela arrive depuis l’époque du blues car, selon moi, le blues provient des noirs et de l’Afrique précisément. La tendance actuelle afro est très diverse et tout le monde peut s’y retrouver. Les orientations varient de l’afro-trap, à l’afro-pop en passant par l’afro-rnb comme certains qualifient ma musique. Nous n’en sommes qu’au début, et je pense que cela va durer encore de nombreuses années.

Tu fais partie de cette nouvelle génération de jeunes artistes camerounais, avec Franko, Maahlox, etc. Quelles relations entretiens-tu avec les plus anciens qui ont déjà fait leurs preuves comme Lady Ponce ou Charlotte Dipanda par exemple ?
Je ne peux pas me positionner par rapport aux anciens, je ne suis que leur petit frère. Pour ceux que j’ai déjà eu la chance de rencontrer, nous sommes en très bons termes. J’ai la chance d’être en contact avec certains. Charlotte était d’ailleurs présente lors de ma date parisienne à la Boule Noire et m’a donné énormément de force !

Revenons sur ta team, Big Dreamz Entertainment, une équipe jeune et quasi « familiale »…
Gervais, avant de devenir mon manager, était un ami. En fait, c’est le grand frère d’un de mes amis d’enfance. De fil en aiguille, il s’est intéressé à la musique que je faisais. Il était à la Catho au Cameroun, fréquentée par la « hype » de la jeunesse camerounaise et c’est là-bas que j’ai eu mes premiers cachets en tant qu’artiste. Gervais faisait partie des différents comités d’organisation du lycée et il m’appelait régulièrement pour me placer sur des mini shows. C’est ainsi que nous avons commencé à nouer notre relation, puis il m’a proposé de devenir mon manager. Il s’est ensuite entouré de Kevin Ketchanga, un de ses amis et c’est ainsi que nous créé Big Dreamz Entertainment. On rêvait grand et depuis nous travaillons de façon acharnée. C’est une chance de bosser entre jeunes, ce n’est pas tous les jours facile car nous sommes des autodidactes mais nous apprenons ensemble et nous nous faisons confiance
à 100%. Tant que la volonté d’avancer de façon saine demeure au sein de notre groupe, tout ira bien.

Quels sont les projets pour l’année 2017 ?
J’ai déjà commencé à travailler sur un album. Je ne sais pas s’il sortira pour 2017 mais nous sommes en pleine discussion au sein du label. J’ai tellement envie de donner, d’explorer tout ce que je peux faire, que j’ai vraiment envie de réaliser cet album. L’idée est de ne pas se précipiter pour bien faire les choses et réaliser un 1er album à la hauteur des attentes.

Si tu avais un message à adresser à nos lecteurs…
Qu’il fasse un tour dans la Locko-motive !

Si je te dis le mot « Roots”, cela t’évoque quoi ?
L’authenticité.

Édition : ROOTS n°18

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