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CPASDELACOM : Les expertes en com’ digitale

Contrôle d’identité s’il vous plaît ?
Rose : Rose, on me donne souvent 30 ans, mais j’ai 36 ans et je suis d’origine haïtienne. Je suis la co-fondatrice de Cpasdelacom que je dirige avec Joëlle depuis 2 ans.
Joëlle : Je m’appelle Joëlle Travers, je suis franco-libanaise, j’ai 30 ans et suis co-fondatrice de Cpasdelacom.

Parlez-nous de votre parcours…
Rose : Je suis une pure communicante, j’ai fait des études en communication à la fac de Paris III Censier où j’ai obtenu mon master. Ensuite, j’ai été attachée de presse chez Universal, chargée de communication chez MTV et MCM. J’ai monté un magazine de luxe et culture urbaine en 2004 qui était distribué à 30 000 exemplaires à Paris, en Belgique et au Luxembourg. Cela n’a pas duré, je n’ai fait que trois numéros mais j’ai pu rencontrer pas mal d’annonceurs qui m’ont permis de me faire un vrai carnet d’adresses. Je me suis, par la suite, redirigée vers les métiers de la communication en trouvant une agence de communication spécialisée en ingénierie culturelle et mécénat, qui s’appelle Community, et m’a demandé de devenir l’attachée de presse officielle de Guerlain qui organise tous les ans des expositions dans leur maison mère sur les Champs Élysées. Mon challenge était de renforcer les retombées médiatiques d’une exposition à seulement deux mois de l’événement ; challenge que j’ai réussi puisqu’ils m’ont signée pendant près de 4/5 ans. J’ai travaillé avec la MAÏF, Hermès et le Parc de la Villette. Après cette expérience, ma petite sœur a eu des problèmes capillaires donc nous nous sommes mis à chercher pas mal de produits pour traiter ce problème ; et de découverte en découverte, je me suis rendue compte qu’il y avait un gros marché pour les produits afro. J’ai donc ouvert un e-shop qui s’appelait Rose et Nadine et qui est par la suite devenu un blog dans lequel j’exposais les petites marques de produits naturels que j’allais dénicher en dehors de l’Europe (en Inde, Etats-Unis et Chine). Cela a duré trois ans et s’est terminé à la suite de la naissance de ma fille. Après cette aventure, je ne savais pas dans quoi me lancer, s’il fallait opter pour la communication ou plutôt pour la cosmétique. Je décidai d’arrêter la cosmétique et c’est là que j’ai rencontré Joëlle.
Joëlle : Mon parcours est également atypique. J’ai commencé par des études littéraires mais cela ne me plaisait pas alors j’ai fait du droit littéraire mais loupé, cela ne me plaisait pas non plus. Puis, j’ai fait de la gestion ce qui me plaisait mais je ne trouvais pas ça utile… Après six années d’études, j’ai finalement trouvé une formation à HEC en entrepreneuriat. Dans le fond, j’ai toujours su que je voulais monter ma boîte mais je n’avais pas les outils ni assez confiance en moi ; et monter une boîte c’est beaucoup de responsabilités.
C’était un choix lourd. Ces études m’ont permis d’étoffer mon réseau. Lors de ma dernière année d’études à HEC, j’ai travaillé sur un projet personnel : la création de ma boîte que j’appelai Mysekit.com. Au tout début, il s’agissait d’un site de beauty boxes, puis j’ai voulu me différencier en proposant des formules sans abonnement avec des produits totalement adaptés au profil beauté de mes clientes. J’avais réussi à avoir une très grande communauté de clientes en proposant des produits vraiment qualitatifs. J’étais passée d’une commande d’une trentaine de kits tous les deux mois à la même quantité commandée tous les mois. J’étais parvenue à retenir plus de 150 marques partenaires qui croyaient en mon projet, et qui me fournissaient les produits. Il y avait un vrai affect entre mes clientes, ma communauté et moi surtout sur les réseaux sociaux. Grâce à Mysekit, je me suis rendue compte que je faisais plus que du e-commerce, je faisais véritablement de la communication pour mes marques partenaires. En cherchant des bureaux à Paris, je suis tombée sur Rose qui fut un coup de cœur professionnel. Nous nous étions trouvées pas mal de similitudes professionnelles, elle avait une expertise de communication qui m’intéressait; nous étions vraiment complémentaires. Elle me parla de son projet, le Beauty Break. Par la suite, on a lancé un événement à Cannes en marge du Festival, proposant aux marques une prestation de communication, de relation influenceur, relation presse, celebrity marketing. Cela a eu un super succès et de là, nous nous sommes lancées. J’ai rejoint Cpasdelacom cet été, Rose en était déjà la directrice et je suis devenue directrice associée en charge des événements et des partena-riats mais je garde à côté mon activité de Mysekit.

Quel est le service phare de Cpasdelacom ?
Joëlle : Nous avons deux types d’activités, d’un côté l’événementiel consistant à mettre en place des opérations de communication globale, événement avec RP, relation influenceur, médias, et partenariat comme par exemple le Beauty Break de l’année dernière. On travaille en ce moment sur un projet qui aura lieu au mois de mai sur 3 jours lors du Festival de Cannes, et qui portera un autre nom avec des partenaires moins basés sur la beauté. De l’autre côté, on a une activité de communication digitale: on accompagne des marques dans leur stratégie de communication digitale, dans le secteur de l’hôtellerie, la beauté, le food …
Rose : Notre secteur d’activité est très éclectique. Récemment, Universal nous a contactées pour la sortie de l’album 50 Shades Darker. Il s’agissait de mettre en place tout un parcours pour que les influenceurs puissent communiquer sur la BO.
Joëlle : Le but était d’organiser un teasing en envoyant aux influenceurs une enveloppe avec les paroles d’une des chansons sexy du film avec un #50nuancesplussombres rien d’autre, suivi quelques jours plus tard d’un colis avec le masque que porte les personnages principaux et la BO du film. Les influenceurs ont tous été accueillis par la suite dans un manoir pour une soirée mystère.

Travaillez-vous uniquement avec des grands groupes ?
Rose : Cela dépend du projet, par exemple nous avons accompagné du début jusqu’à la fin les fondateurs de HOBO – un restaurant qui rencontre du succès alors qu’ils se sont lancés il y a trois mois – dans toute leur stratégie de communication. Il a fallu réfléchir à comment les présenter sur les réseaux sociaux, on a travaillé l’image du restaurant sur les consommateurs. Maintenant que le restaurant rencontre du succès, on va organiser des soirées. C’est le genre de challenge qu’on aime relever.
Joelle : On fonctionne au coup de cœur pour s’accomplir personnellement et professionnellement. Le fait d’avoir notre propre boîte nous donne la liberté de pouvoir choisir les projets qui nous intéressent vraiment.

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Vous avez l’air assez complémentaires, j’imagine que vous faites rêver pas mal de jeunes entrepreneurs. Quel est votre secret ?
Rose : On fonctionne comme un vrai couple… il faut beaucoup communiquer malgré nos caractères assez différents.
Joëlle : La clé de la réussite réside dans l’échange, la bienveillance, l’écoute, la confiance et l’échange. C’est très difficile de trouver un associé, ça peut mener à des problèmes. Mais nous nous sommes clairement dit les choses, nous sommes totalement transparentes.

Quelle est votre plus grande fierté ?
Rose et Joëlle : Notre rencontre.
Rose : Beauty Break c’est le point de départ, nous sommes super fières d’avoir monté cette opération lors du Festival de Cannes, ensemble. Jusqu’au dernier jour, nous avons été solidaires alors qu’on n’avait rien de prêt.
Joëlle : Le projet était difficile, le timing était serré, les enjeux très importants, il fallait dénicher des marques qui n’avaient pas l’habitude de s’implanter à Cannes mais on a réussi par force de conviction.
Rose : Nous étions convaincues de notre succès, il nous fallait juste les marques. Quelque soit le nombre de marques qu’on avait rapportées, on aurait eu du succès parce qu’on avait un média derrière nous .

Où vous voyez-vous dans le meilleur des mondes dans 5 ans ?
Rose : Mariée (rires).
Joëlle : (rires) avec des enfants. On aimerait développer différentes antennes à New York, Dubaï et en Chine parce qu’on a pas mal de marques chinoises qui nous sollicitent. On aimerait accompagner des entreprises françaises dans leur développement en Chine parce qu’on a des relations significatives là-bas. On travaille avec les marques chinoises qui ont envie de toucher le marché français et vice versa au niveau de la distribution.

Si je vous dis “Roots”, cela vous évoque quoi ?
Rose : La nourriture, ma grand-mère, le groupe de compas Tropicana, les odeurs de chez moi.
Joëlle : Mes racines.

Édition : ROOTS n°18